Glossaire

C

Centre d’excellence :

Regroupement géographique d’entreprises et d’organismes (recherche, enseignement, services) regroupant des compétences métiers (savoir-faire et technologies) dont l’excellence est reconnue au plan international.

Cluster :

(définition régionale)

On utilise le terme de cluster pour désigner un lieu (géographique) présentant une concentration au dessus de la moyenne de sociétés industrielles et d’organismes de recherche et d’enseignement supérieur, opérant dans un domaine particulier à un niveau de classe internationale ou visant à le devenir rapidement ; chaque domaine étant renforcé par la présence d’un capital risque et l’appui de l’état et des collectivités territoriales. L’ensemble de ces acteurs partageant une vision commune de sa dynamique de croissance et de sa stratégie d’innovation (communauté d’intérêt).

(définition de Michael Porter, 1998)

Geographic concentrations of interconnected companies, specialized suppliers, service providers, firms in related industries, and associated institutions (for example, universities, standards agencies, and trade associations) in particular fields that complete but also cooperate.

D

Districts industriels :


Regroupements géographiques d’entreprises dans un même secteur d’activité marqués par leur capacité d’adaptation aux évolutions des marchés et leur faible taux de chômage. Ce modèle italien à l’origine a plusieurs spécificités, notamment son ancrage historique et la forte collaboration entre entrepreneurs qui puisent dans un tissu de relations informelles.

F

Filière :


On retiendra plutôt la notion de filière industrielle plutôt que technologique. Regroupement de compétences d’activités complémentaires capables de s’organiser en une chaîne de valeurs regroupant l’ensemble des compétences permettant de satisfaire les besoins d’un marché.

I

Incubateur :


Les incubateurs sont nés de la loi sur l’innovation de 1999. Ils ont pour mission de favoriser l’émergence et la concrétisation de projets d’entreprises innovantes valorisant les compétences et les résultats des laboratoires des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche publics.

P

Parc scientifique :


Nés dans les pays anglo-saxons, aménagés à l’initiative des universités et à proximité des campus, leur développement est lié aux firmes possédant un département de “recherche et développement” en croissance ou déjà renommé, associé avec les laboratoires universitaires et avec d’autres unités subordonnées. Cet ensemble se compose de bureaux, de laboratoires et d’ateliers (Exemple classique de Cambridge Research Park en Grande-Bretagne). Les technopôles français s’inspirent souvent de ce modèle.

Pôle de compétitivité :
(Définition donnée par le Gouvernement Français)

“Un pôle de compétitivité se définit comme la combinaison, sur un espace géographique donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherches publiques ou privées, engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets communs, au caractère innovant. Ce partenariat s’organisera autour d’un marché et d’un domaine technologique et scientifique qui lui est attaché et devra rechercher la masse critique pour atteindre une compétitivité mais aussi une visibilité internationale(Circulaire 25 novembre relative à la mise en œuvre de la politique des pôles de compétitivité)

S

Systèmes productifs locaux (SPL) :


La notion de SPL recouvre : Une organisation productive particulière localisée sur un territoire correspondant généralement à un bassin d’emplois. Cette organisation fonctionne comme un réseau d’interdépendances constituées d’unités productives ayant des activités similaires ou complémentaires qui se divisent le travail (entreprises de production ou de services, centres de recherche, organismes de formation, centres de transfert et de veille technologique,etc…).

T

Technopôle :


Support de la politique de développement d’un territoire à partir de l’innovation, la technopole favorise la fertilisation croisée. Création d’activités innovantes, animation et mise en réseau des compétences, promotion du territoire : telles sont les différentes composantes de la dynamique technopolitaine. Le label technopole est décerné par France Technopoles Entreprises Innovation, relais national de l’IASP (International Association of Science Parks).

Bibliographie de référence mais non exhaustive + addendum

Références

Michael PORTER

(Harvard Business School)

Findings from the cluster meta-study (2002)

Analyse des facteurs clefs de succès sur une base de 833 clusters dans 49 pays et dans le cadre d’une approche micro-économique dont M. Porter est le fondateur (analyse diamant).

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Liens utiles :

Institut for strategy and Competitiveness

Bases de données clusters

Lars EKLUNG

(Harvard Business School)

The Cluster Initiative Greenbook (2003)

Etude sur les initiatives de clustering en Europe (250 clusters étudiés). Conclusions intéressantes sur les facteurs clés de succés.

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Rapports internationaux

OCDE

Innovative Clusters Drivers of National Innovation (2001)

Analyse de cas sur des clusters reconnus, recensement et analyse des principales politiques clusters menées à des échelles nationales.

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Lien utile :

site de l’OCDE

MDEER

(Ministère du Développement économique et Régional et de la Recherche, Canada)

Les créneaux d’excellence des régions dans la compétition nationale, le projet accord (2004)

Ce rapport gouvernemental synthétise un cadre d’action développé par le Québec pour le développement de sa politique de “systémes productifs régionaux”.

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Lien utile :

site de la MDERR

Rapports européens

Dialogic and Utrecht university

(Communauté Européenne)

The role of cluster policies in economic growth and competitiveness (2003)

Cette publication issue du séminaire européen de Copenhague propose une méthodologie cluster pour l’Europe.

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Council on Competitiveness

(Communauté Européenne)

Cluster mapping- a valuable tool for policymaking ? (2003)

Méthodologie cluster pour l’Europe.

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DTI

(Department of trade and industry, Royaume-Uni)

Cluster Mapping Report – Business Clusters in the UK – A First Assessment (2002)

Le DTI recense les principales initiatives clusters en Grande-Bretagne.

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Lien utile :

site du DTI

Ministère Fédéral Allemand de l’Education et de la Recherche

(Plateforme d’information kompetentznetze.de)

Kompetentznetze.de, guide to innovation, investment and education in Germany (2004)

Le rapport annuel vous présente 102 réseaux de compétences en innovation de l’Allemagne et leur politique de classement par grands secteurs.

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Lien utile :

site de kompetentznetze.de

Observatoire des PME européennes

(Communauté européenne)

Les réseaux régionaux d’entreprises en Europe (2002)

Le rapport tente d’établir des comparaisons entre plusieurs clusters à travers l’Europe. Il met en lumière les implications politiques que cela engendre au niveau régional, national et européen.

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Lien utile :

EUROPA, le portail de l’Union européenne

Commission Européenne

Clusters and Less Favoured Regions: Policy options in planning and implementation (2002)

Utilisation de la démarche cluster par les régions européennes dans un but économique et social.

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The Network of Innovating Regions in Europe (IRE)

Rapports français

Christian BLANC

Pour un écosystème de la croissance (2004)

Dans son rapport au Premier Ministre, le député Christian Blanc propose un “plan d’action” en vue de créer des pôles de compétitivité en France.

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Lien utile :

www.ecosysteme-croissance.com

DATAR

La France, puissance industrielle (2004)

Réseaux d’entreprises et pôles de compétitivité sont analysés dans un cadre européen, pour la définition d’une nouvelle politique industrielle en France.

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Lien utile :

site de la DATAR

MINEFI

L’économie de l’immatériel (2006)

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MINEFI

Technologies clés 2010 (2006)

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Addendum:

Il existe une abondante littérature sur les clusters européens. Parmi les rapports cités ci-dessus, il convient d’ajouter les rapports publiés par l’Innovating Regions in Europe, groupe de travail de la Commission européenne. En voici une sélection (veuillez cliquer sur les titres pour télécharger les documents) :

The future of cluster policies and programmes

An overview of Cluster Policies and Clusters in the New Member States of the European Union

Emergence, identification and mapping of clusters – review report

L’OCDE a publié en mai 2007 une étude sur les politiques de clusters menées dans le monde, Competitive Regional Clusters: National Policy Approaches.

Espagne : la réussite du modèle basque

Les Echos.fr avait publié en avril 2006 un article sur la réussite du pays basque espagnol en termes de croissance économique. L’adoption d’une politique centrée sur le développement de pôles industriels spécialisés a en effet permis à l’Euskadi de devenir l’une des régions les plus compétitives et dynamiques d’Espagne (après la Catalogne et la région autonome de Madrid).

Voici quelques extraits de l’article:

[...]

L’annonce par l’ETA, le 22 mars (ndlr: 2006), d’un « cessez-le-feu permanent » a été accueillie avec soulagement et espoir au Pays basque espagnol, théâtre privilégié des actions violentes de l’organisation séparatiste, qui se sont soldées depuis près de quarante ans par la mort de 850 personnes. Si cette normalisation se confirme, elle représentera un atout supplémentaire pour le développement de l’Euskadi, coeur historique du « País vasco », qui comprend également la Navarre.

[...]

Le défi était de taille : longtemps poumon industriel de l’Espagne, à l’égal de la Catalogne, la région a connu, à partir du milieu des années 1980, une décennie de descente aux enfers. Victime de l’obsolescence de ses hauts fourneaux et de ses chantiers navals nés à la fin du XIXe siècle, elle a vu disparaître 150.000 emplois, sur fond de climat social quasi insurrectionnel. Le taux de chômage dépassait les 23 %, atteignant même 40 % dans les zones les plus touchées.

Fidélité à l’industrie

Les Basques sont parvenus à surmonter ce cauchemar avec une étonnante rapidité. Bilbao la sinistrée s’est refait une santé autour de son nouveau fleuron, le musée Guggenheim. Saint-Sébastien a retrouvé son faste de grande ville balnéaire. Et Vitoria, la capitale administrative, naguère somnolente autour des monuments gothiques de son « casco viejo », s’étend à allure accélérée. Tous les indicateurs attestent de ce redressement. Le taux de chômage est tombé sous les 5 %. Au cours des dix dernières années, la croissance a atteint 3,7 % en moyenne. Avec ses 2,1 millions d’habitants, soit moins de 5 % de la population espagnole, l’Euskadi assure 9 % de la production industrielle du pays. En termes de PIB par habitant, elle se classe au deuxième rang national, juste derrière la communauté de Madrid.

Cet apparent « miracle » ne doit rien au hasard. Il résulte d’une stratégie réfléchie, et fortement influencée par le contexte local. Les Basques sont certes allés chercher leur gourou au bout du monde : Michael Porter, professeur à Harvard et théoricien des « clusters », ces réseaux d’entreprises travaillant en osmose dans un même champ d’activité.

A la demande du gouvernement régional, l’universitaire a identifié les secteurs, aujourd’hui au nombre de 13, ayant vocation à être organisés selon un tel schéma, qui postule mutualisation des programmes de recherche, actions partagées de formation, systèmes communs de certification.
Ces recettes de compétitivité made in America ont toutefois été accompagnées d’une sauce typiquement basque.

Première spécificité : la place réservée à l’industrie.

[...]

L’automobile, la construction navale, l’électroménager et la machine-outil comptent au nombre des principaux clusters. Même l’aéronautique, inexistante auparavant, prospère.

Autre trait marquant du modèle basque : la forte implication des autorités régionales dans l’action économique.

[...]

De même, non seulement le gouvernement basque décide de l’instauration de chacun des clusters, mais il finance ensuite 60 % de leurs dépenses et évalue l’avancement de leurs projets.

Le lancement de l’agence de biotechnologies Biobask, à Bilbao, s’inscrit dans le même esprit volontariste. « La région a investi 70 millions d’euros dans la création de deux centres de recherche coopératifs et d’un incubateur d’entreprises, avec pour objectif de susciter 3.000 nouveaux emplois d’ici à 2010 », indique Maria Aguirre, la responsable du programme.

Ouverture sur l’étranger

L’Euskadi sait aussi faire fructifier un autre de ses atouts traditionnels : son ouverture à l’international.

[...]

« Notre objectif est de diffuser notre savoir-faire en matière de restructurations industrielles vers des territoires de même taille et de même structure économique que le nôtre. Ils ont vocation à devenir ensuite des plates-formes d’atterrissage pour nos entreprises et nos produits. Nous avons tissé de tels accords de partenariat avec les régions de Wroclaw en Pologne, Querétaro au Mexique et Shanghai en Chine »,

explique Iñaki Telletxea, vice-ministre de la Technologie et du Développement industriel au sein du gouvernement régional.

La stratégie économique basque n’a toutefois pu prospérer que grâce à la liberté de manoeuvre dont bénéficient ceux qui la pilotent. Aux termes du statut adopté en 1979, de loin le plus libéral parmi ceux des 17 communautés autonomes espagnoles, Madrid ne garde compétence que sur les grands domaines d’action régaliens : défense, diplomatie, ports, douanes… Tout le reste relève des autorités locales. Ce sont elles, en particulier, qui collectent l’intégralité des impôts, dont seule une modeste fraction (8 % environ) est reversée à l’Etat central.

[...]

Source: Les Echos.fr – 13/04/06

Qu’est-ce qu’un pôle de compétitivité ?

Qu’est-ce qu’un pôle de compétitivité? La DATAR, organisme qui est chargé de la labellisation “pôle de compétitivité” des candidats potentiels, et rebaptisé pour l’occasion, Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité du territoire (DIACT), en propose une définition:
” Un pôle de compétitivité est le rapprochement, sur un territoire donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets innovants. Disposant de la masse critique nécessaire pour atteindre une visibilité internationale, chaque pôle est fondé sur une stratégie partagée de développement permettant la création de richesses nouvelles à forte valeur ajoutée autour de projets communs de recherche et de développement.”

Une autre définition en anglais, qui rejoint la précédente est celle du site universitaire de Michael E. Porter, professeur de l’université Harvard, à l’origine du concept de pôle de compétitivité (competitive clusters en anglais) qu’il développa en 1990 :
” Clusters are geographic concentrations of interconnected companies, specialized suppliers, service providers, and associated institutions in a particular field that are present in a nation or region. Clusters arise because they increase the productivity with which companies can compete. The development and upgrading of clusters is an important agenda for governments, companies, and other institutions. Cluster development initiatives are an important new direction in economic policy, building on earlier efforts in macroeconomic stabilization, privatization, market opening, and reducing the costs of doing business.”
Il est important de souligner que Michael Porter s’est inspiré de la théorie des avantages comparatifs, développée par l’économiste classique David Ricardo, et selon laquelle chaque pays, qui s’ouvre au commerce mondial, gagne à se spécialiser dans la production où il possède un avantage relatif, c’est-à-dire où les coûts de production sont les moins élévés.
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A retenir: le rapprochement des acteurs industriels, scientifiques et universitaires dans un même territoire, sur le modèle des clusters, constitue en soi une source d’innovation – la proximité géographique stimulant la circulation de l’information et des compétences et facilitant la naissance de projets innovants -; une source d’attractivité (plus de visibilité internationale); et est un frein aux délocalisations – la compétitivité des entreprises allant de pair avec leur ancrage territorial.
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