L’environnement au coeur des politiques de compétitivité en Europe

Comment associer la compétitivité au développement durable dans les territoires ? Une étude de la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact) visite six Etats européens (Allemagne, Italie, Suède, Royaume-Uni, Pologne et Hongrie) et leur façon d’envisager l’innovation dans le développement durable. Aujourd’hui, on constate un essor sans précédent des politiques d’innovation, avec une forte volonté de développer des clusters, technopôles, pôles de compétitivité et autres plateformes d’innovation (“innovation hubs”) dans la plupart des pays de l’Union européenne.

Parallèlement, dans le domaine du développement durable, la prise de conscience, puis la mise en place de stratégies politiques au plan national et européen font de ce sujet une priorité des gouvernements.

L’étude croise ainsi politiques environnementales et stratégies d’innovation en dégageant des grandes lignes : certains pays ont privilégié une approche “par le bas”, en organisant des structures autour de synergies de recherche et d’industries qui existaient déjà. C’est le cas de l’Allemagne et de la Pologne. D’autres pays ont préféré un modèle plus centralisé, dans lequel l’Etat ou les régions décident des pôles à créer et des domaines d’activités à couvrir, comme l’Italie, avec ses districts industriels. Ailleurs, comme en Suède, les deux approches ont été combinées. Enfin, il y a ceux qui ont privilégié la concentration des efforts au niveau d’agences régionales de développement fortement dotées. C’est notamment le cas du Royaume-Uni. Quelques pays, qui connaissent une croissance économique soutenue, ont plus approfondi les politiques d’innovation, comme la Pologne ou la Hongrie. D’autres sont déjà très avancés dans le domaine du développement durable, comme l’Allemagne et la Suède, particulièrement en ce qui concerne les énergies renouvelables.

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Source: Localtis.info

Les Districts technologiques italiens: un modèle pour la France ?

L’Italie a lancé depuis 2002 les “Districts technologiques”, sorte de pôles de compétitivité à l’italienne et calqués sur le schéma des “Districts industriels”, existant depuis plus de 30 ans.

Alors que leur objectif premier, à savoir la compétitivité des PME innovantes italiennes à l’international, se concrétise sans conteste, se pose la question suivante: peuvent-ils être un modèle (de développement) pour les pôles de compétitivité français?


Les “districts industriels”
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L’Italie est un pays connu pour avoir traditionnellement un tissu industriel qui compte en grande partie des petites et moyennes entreprises. Le besoin des PME italiennes de se rassembler pour faire émerger des projets existe de facto depuis longtemps.

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Depuis plus de 30 ans, des coopérations entre les entreprises d’un même secteur industriel ont ainsi été mises en place, avec la constitution des “districts industriels”.
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L’Istat (institut national de statistique) a identifié 200 districts industriels représentant pas moins de 90 000 entreprises, 2 200 000 emplois dans le secteur manufacturier (soit 42,5% de l’emploi manufacturier en Italie) et 67 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

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La création des “districts technologiques”
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Depuis 2002, le gouvernement italien a lancé, dans le cadre des missions du Ministère de l’Education, de l’Université et de la Recherche (Miur), le label “district technologique” axé, comme les pôles de compétitivité français, sur un rapprochement entre industries, organismes de recherche et universités.
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Les objectifs du gouvernement italien étaient ainsi l’optimisation de l’allocation des ressources financières en les concentrant sur des zones spécifiques de recherche et géographiques.
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Le processus s’est fait en deux étapes: d’abord, une évaluation des secteurs de recherche les plus pertinents – d’un point de vue scientifique mais aussi l’impact industriel, économique et social (quelles en sont les retombées?) puis un état des lieux sur le positionnement des centres de recherche au niveau international; ensuite une sélection basée sur la “masse critique “ (en termes de ressources humaines: nombre de chercheurs), d’infrastructures existantes et de groupes industriels présents.

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But principal: financer uniquement les “districts” ayant la taille critique suffisante pour garantir une chance de réussite.
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Il existe, à ce jour, 22 districts technologiques répartis sur tout le territoire italien (pour voir la liste complète en pdf, cliquez ici).
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Les plus importants: Torino Wireless (Piémont, technologies sans fil) ; Veneto Nanotech (Vénétie, nanotechnologies) ; Hi-Mech (mécanique avancée, Emilie-Romagne).
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Au niveau des biotechnologies, on dénombre 4 districts technologiques situés dans les régions suivantes: Lombardie (le plus important), Frioul Vénétie Julienne (biomédecine moléculaire), Pouilles, Sardaigne (biomédecine et technologie de la Santé).
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Par ailleurs, 3 autres districts sont en préparation.

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Un premier bilan relativement positif

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Si le lancement des districts technologiques (en termes de taille, de croissance du CA) peut être considéré comme une réussite (de nombreuses PME italiennes ont pu gagner des parts de marché sur des secteurs comme la mode et le design) et est encourageant pour la suite, il convient néanmoins de noter que leur évolution et leur pérennisation suscitent encore beaucoup d’interrogations. Certains districts ont ainsi été amenés à se transformer depuis leur création. D’autres ont totalement changé de marché, de secteur.
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La réussite des districts technologiques constitue en cela un modèle mais qui ne peut être “plaqué” aux pôles de compétiticvité français sans adaptation. La spécificité italienne (tissu industriel composé esentiellement de PME) est en effet à prendre en compte.

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Source: Service Scientifique de l’Ambassade de France en Italie; Les Echos

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