Pour une meilleure compétitivité européenne

Du 22 au 24 octobre a eu lieu au centre des congrès de Lyon, la conférence Europe INNOVA, à laquelle s’étaient réunis  Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, Luc Rousseau, représentant de Luc Châtel, ministre de l’Industrie, et Françoise Le Bail, commissaire européenne,pour faire le point sur les pôles de compétitivité en Europe.

Pour une visibilité mondiale

L’idée, c’est de créer de nouveaux pôles de compétitivité (clusters) de niveau européen, afin qu’ils soient capables de soutenir la concurrence internationale, des Etats-Unis ou de la Chine, par exemple. Pour ce faire, la mise en place d’une fédération des différents pôles de compétitivités européens (programme Clusnet). Concrètement, l’Europe possède 2 000 pôles de compétitivités. Ces derniers sont compétents, mais n’ont pas la visibilité mondiale souhaitée. Clusnet doit leur permettre de se réunir. Par exemple, un pôle de compétitivité dans le domaine de la santé à Lyon pourra travailler avec un pôle du même type basé à Barcelone. Ou Munich, ou Manchester, etc.

Pour la commissaire européenne, « il n’y aura pas d’innovation en Europe si il n’y a pas un travail commun a tous les niveaux ». Pour autant, Clusnet ne vise pas à « forcer » les différents clusters à travailler ensemble, mais plutôt à « leur fournir les outils pour que les pôles décident eux-mêmes de travailler ensemble ou non ». Il faut dire que 99,7% des entreprises européennes sont des PME, et que seulement 8% travaillent avec des partenaires hors de leurs frontières.

Pour lire la suite de l’article

Source: Lyongratuit.com

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Conférence sur les pôles de compétitivité européens à Sophia Antipolis

Dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union Européenne, la Fondation Sophia Antipolis organise les 13 et 14 novembre 2008 une conférence sur les pôles de compétitivité ou clusters en Europe, en coordination avec la direction générale des Entreprises (DGE) et la délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT).

Cette manifestation s’organise autour d’une conférence publique, le 13 novembre, au cours de laquelle seront évoqués les sujets principaux de la communication sur la politique européenne des pôles de la Commission européenne : coopération « inter-clusters », gouvernance, pôles et politique d’innovation, ressources humaines.

Le 14 novembre sera réservé à une conférence ministérielle réunissant les ministres en charge des politiques des pôles de compétitivité ou « clusters » en Europe, dans le but de préparer le prochain conseil compétitivité qui se tiendra en décembre.
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EuroBiO 2008

Carrefour européen des biotechnologies, EuroBiO 2008 se tiendra à Paris, au Palais des Congrès (Porte Maillot) du mardi 7 octobre au jeudi 9 octobre inclus.

À la croisée de l’industrie et de la recherche, EuroBiO 2008 va mobiliser et rassembler, au plan international et au plus haut niveau, le monde de la science et de l’industrie pendant trois jours de discussions, réunions et débats.

Placé sous l’égide de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, EuroBiO 2008 s’articule autour des quatre piliers qui ont fait le succès de cette manifestation BIO aux États-Unis :

_ des conférences, avec de grandes plénières thématiques, des débats et près de 120 conférenciers de renommée mondiale ;
_ une convention d’affaires facilitant la rencontre et la mise en réseau entre 500 entreprises ;

_ une exposition regroupant pôles de compétitivité au plan international, les régions pilotes, les entreprises cotées et privées et les cabinets spécialisés ;

_ un forum emploi pour faciliter la mise en relations des leaders du secteur avec les nouveaux talents.

EuroBiO 2008 traitera des biotechnologies dans leurs trois grands domaines d’application que sont la Santé, l’Agro-industrie et l’Environnement.

Source: EuroBio 2008

Conférence ministérielle sur les clusters sous présidence française de l’Union Européenne

Les 13 et 14 novembre prochain, se tiendra, sous présidence française, à Sophia Antipolis (France), une conférence ministérielle européenne sur les clusters. Sont attendus, les 27 ministres d’Europe chargés de la politique des clusters (ou leurs représentants), ainsi que les commissaires européens et des responsables de la mise en œuvre de la politique de clusters de la Commission européenne.

Cet événement commencera le 13 novembre par le Forum des pôles de compétitivité que la Fondation Sophia Antipolis organise pour la 4e année consécutive et se conclura, le 14 novembre, par une session rassemblant les seuls ministres et représentants de la Commission européenne.

La première journée permettra de débattre autour de thématiques prioritaires d’importance majeure pour le développement des clusters en Europe : financement, coopération, intégration des PME, développement de nouvelles compétences…

Le résultat de ces débats sera proposé, le 14 novembre aux responsables politiques de l’Union Européenne pour nourrir leur réflexion et l’élaboration d’une stratégie européenne commune en matière de clusters. Le document issu de ces travaux sera proposé au Conseil Compétitivité de décembre 2008.

Pour en savoir plus, veuillez cliquer ici (site ouvert à partir du 1er juillet 2008).

Source: Les pôles de compétitivité en France

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Pôles de compétitivité: des attentes trop souvent contradictoires

Il ne s’agit pas encore de la grande évaluation des pôles de compétitivité qui aura lieu mi-2008. Mais l’étude réalisée par Ernst and Young, pour le compte d’associations d’élus (AMGVF et Ajuf) et du Medef, peut en donner un avant-goût, notamment en ce qui concerne les relations entre agglomérations et entreprises.

Présentée à l’occasion d’un colloque sur le “dialogue économique entre les collectivités locales et les entreprises” qui s’est tenu à Mulhouse, mardi 25 septembre, l’étude fait apparaître un résultat mitigé au regard des principaux objectifs dévolus aux clusters français créés en 2005.

Pour le premier d’entre eux, le renforcement des réseaux d’entreprises, les pôles sont une “réussite”.
“Les pôles ont réellement accéléré l’effet réseau et ont contribué à diffuser cette culture entrepreneuriale qui était réservée aux bons élèves”

note l’étude. Ils ont contribué à rapprocher les entreprises des agglomérations, permettant à ces dernières de mieux comprendre la recherche et le développement. Par la même occasion, ils ont favorisé l’ancrage, voire le maintien des entreprises sur les territoires.

Voilà pour le côté positif, car les pôles présentent beaucoup de faiblesses. Le rapprochement a ses limites et les attentes des différents acteurs (élus, entreprises, laboratoires, etc.) s’avèrent souvent contradictoires. Selon le cabinet:
“les entreprises attendent des collectivités le développement d’un environnement territorial favorable à leur implantation (immobilier, foncier, aménagement de zones d’activités, transport), alors que les territoires misent davantage sur leur attractivité et l’effet généré sur l’emploi

De fait, le retour sur investissement, en termes d’emplois, de créations d’entreprises n’est pas aussi important que les agglomérations pouvaient l’espérer.

Par ailleurs, l’étude confirme la trop faible présence des PME dans les projets collaboratifs, l’un des points qui depuis le début pose problème.

Enfin, la “taille critique” censée donner une assise aux 71 pôles au niveau international n’est pas au rendez-vous, même si la visibilité de certaines filières a été accrue.

Ces résultats vont être présentés et débattus au cours de forums territoriaux réunissant élus, entreprises et acteurs de la recherche. Il reste encore quelques mois pour corriger le tir avant l’évaluation de 2008 : les résultats de l’étude seront alors présentés et débattus lors de forums territoriaux organisés par les trois commanditaires.

Source: Localtis.info

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Glossaire

C

Centre d’excellence :

Regroupement géographique d’entreprises et d’organismes (recherche, enseignement, services) regroupant des compétences métiers (savoir-faire et technologies) dont l’excellence est reconnue au plan international.

Cluster :

(définition régionale)

On utilise le terme de cluster pour désigner un lieu (géographique) présentant une concentration au dessus de la moyenne de sociétés industrielles et d’organismes de recherche et d’enseignement supérieur, opérant dans un domaine particulier à un niveau de classe internationale ou visant à le devenir rapidement ; chaque domaine étant renforcé par la présence d’un capital risque et l’appui de l’état et des collectivités territoriales. L’ensemble de ces acteurs partageant une vision commune de sa dynamique de croissance et de sa stratégie d’innovation (communauté d’intérêt).

(définition de Michael Porter, 1998)

Geographic concentrations of interconnected companies, specialized suppliers, service providers, firms in related industries, and associated institutions (for example, universities, standards agencies, and trade associations) in particular fields that complete but also cooperate.

D

Districts industriels :


Regroupements géographiques d’entreprises dans un même secteur d’activité marqués par leur capacité d’adaptation aux évolutions des marchés et leur faible taux de chômage. Ce modèle italien à l’origine a plusieurs spécificités, notamment son ancrage historique et la forte collaboration entre entrepreneurs qui puisent dans un tissu de relations informelles.

F

Filière :


On retiendra plutôt la notion de filière industrielle plutôt que technologique. Regroupement de compétences d’activités complémentaires capables de s’organiser en une chaîne de valeurs regroupant l’ensemble des compétences permettant de satisfaire les besoins d’un marché.

I

Incubateur :


Les incubateurs sont nés de la loi sur l’innovation de 1999. Ils ont pour mission de favoriser l’émergence et la concrétisation de projets d’entreprises innovantes valorisant les compétences et les résultats des laboratoires des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche publics.

P

Parc scientifique :


Nés dans les pays anglo-saxons, aménagés à l’initiative des universités et à proximité des campus, leur développement est lié aux firmes possédant un département de “recherche et développement” en croissance ou déjà renommé, associé avec les laboratoires universitaires et avec d’autres unités subordonnées. Cet ensemble se compose de bureaux, de laboratoires et d’ateliers (Exemple classique de Cambridge Research Park en Grande-Bretagne). Les technopôles français s’inspirent souvent de ce modèle.

Pôle de compétitivité :
(Définition donnée par le Gouvernement Français)

“Un pôle de compétitivité se définit comme la combinaison, sur un espace géographique donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherches publiques ou privées, engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets communs, au caractère innovant. Ce partenariat s’organisera autour d’un marché et d’un domaine technologique et scientifique qui lui est attaché et devra rechercher la masse critique pour atteindre une compétitivité mais aussi une visibilité internationale(Circulaire 25 novembre relative à la mise en œuvre de la politique des pôles de compétitivité)

S

Systèmes productifs locaux (SPL) :


La notion de SPL recouvre : Une organisation productive particulière localisée sur un territoire correspondant généralement à un bassin d’emplois. Cette organisation fonctionne comme un réseau d’interdépendances constituées d’unités productives ayant des activités similaires ou complémentaires qui se divisent le travail (entreprises de production ou de services, centres de recherche, organismes de formation, centres de transfert et de veille technologique,etc…).

T

Technopôle :


Support de la politique de développement d’un territoire à partir de l’innovation, la technopole favorise la fertilisation croisée. Création d’activités innovantes, animation et mise en réseau des compétences, promotion du territoire : telles sont les différentes composantes de la dynamique technopolitaine. Le label technopole est décerné par France Technopoles Entreprises Innovation, relais national de l’IASP (International Association of Science Parks).

La vogue des clusters dans le monde

Usinenouvelle.com a publié en 2006 un dossier spécial sur les pôles de compétitivité français. Ce dernier propose, entre autres, un aparté sur le développement des clusters à l’international. Des modes de gestion différents de ceux pratiqués pour les pôles français ; des résultats qui le sont également. De nombreux exemples y sont cités. Pour consulter l’article, veuillez cliquer ici.

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Bibliographie de référence mais non exhaustive + addendum

Références

Michael PORTER

(Harvard Business School)

Findings from the cluster meta-study (2002)

Analyse des facteurs clefs de succès sur une base de 833 clusters dans 49 pays et dans le cadre d’une approche micro-économique dont M. Porter est le fondateur (analyse diamant).

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Liens utiles :

Institut for strategy and Competitiveness

Bases de données clusters

Lars EKLUNG

(Harvard Business School)

The Cluster Initiative Greenbook (2003)

Etude sur les initiatives de clustering en Europe (250 clusters étudiés). Conclusions intéressantes sur les facteurs clés de succés.

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Rapports internationaux

OCDE

Innovative Clusters Drivers of National Innovation (2001)

Analyse de cas sur des clusters reconnus, recensement et analyse des principales politiques clusters menées à des échelles nationales.

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Lien utile :

site de l’OCDE

MDEER

(Ministère du Développement économique et Régional et de la Recherche, Canada)

Les créneaux d’excellence des régions dans la compétition nationale, le projet accord (2004)

Ce rapport gouvernemental synthétise un cadre d’action développé par le Québec pour le développement de sa politique de “systémes productifs régionaux”.

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Lien utile :

site de la MDERR

Rapports européens

Dialogic and Utrecht university

(Communauté Européenne)

The role of cluster policies in economic growth and competitiveness (2003)

Cette publication issue du séminaire européen de Copenhague propose une méthodologie cluster pour l’Europe.

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Council on Competitiveness

(Communauté Européenne)

Cluster mapping- a valuable tool for policymaking ? (2003)

Méthodologie cluster pour l’Europe.

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DTI

(Department of trade and industry, Royaume-Uni)

Cluster Mapping Report – Business Clusters in the UK – A First Assessment (2002)

Le DTI recense les principales initiatives clusters en Grande-Bretagne.

Télécharger l’intro

Télécharger les chap. 1 & 2

Télécharger le chap. 3

Lien utile :

site du DTI

Ministère Fédéral Allemand de l’Education et de la Recherche

(Plateforme d’information kompetentznetze.de)

Kompetentznetze.de, guide to innovation, investment and education in Germany (2004)

Le rapport annuel vous présente 102 réseaux de compétences en innovation de l’Allemagne et leur politique de classement par grands secteurs.

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Lien utile :

site de kompetentznetze.de

Observatoire des PME européennes

(Communauté européenne)

Les réseaux régionaux d’entreprises en Europe (2002)

Le rapport tente d’établir des comparaisons entre plusieurs clusters à travers l’Europe. Il met en lumière les implications politiques que cela engendre au niveau régional, national et européen.

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Lien utile :

EUROPA, le portail de l’Union européenne

Commission Européenne

Clusters and Less Favoured Regions: Policy options in planning and implementation (2002)

Utilisation de la démarche cluster par les régions européennes dans un but économique et social.

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Lien utile :

The Network of Innovating Regions in Europe (IRE)

Rapports français

Christian BLANC

Pour un écosystème de la croissance (2004)

Dans son rapport au Premier Ministre, le député Christian Blanc propose un “plan d’action” en vue de créer des pôles de compétitivité en France.

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Lien utile :

www.ecosysteme-croissance.com

DATAR

La France, puissance industrielle (2004)

Réseaux d’entreprises et pôles de compétitivité sont analysés dans un cadre européen, pour la définition d’une nouvelle politique industrielle en France.

Télécharger le document

Lien utile :

site de la DATAR

MINEFI

L’économie de l’immatériel (2006)

Télécharger le document

MINEFI

Technologies clés 2010 (2006)

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Addendum:

Il existe une abondante littérature sur les clusters européens. Parmi les rapports cités ci-dessus, il convient d’ajouter les rapports publiés par l’Innovating Regions in Europe, groupe de travail de la Commission européenne. En voici une sélection (veuillez cliquer sur les titres pour télécharger les documents) :

The future of cluster policies and programmes

An overview of Cluster Policies and Clusters in the New Member States of the European Union

Emergence, identification and mapping of clusters – review report

L’OCDE a publié en mai 2007 une étude sur les politiques de clusters menées dans le monde, Competitive Regional Clusters: National Policy Approaches.

Les clusters technologiques : facteurs-clés du développement francilien à l’horizon 2015 ?

Le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie, et des services (CROCIS), qui dépend de de la CCI de Paris, avait publié en janvier 2005, par conséquent juste avant le lancement des pôles de compétitivité, un rapport sur le développement futur de l’économie francilienne, par l’intermédiaire de clusters technologiques.

Il est nécessaire de comprendre, de s’approprier le contexte dans lequel est née l’idée des pôles de compétitivité en France (du moins, dans le cas de l’Ile de France).

En voici donc la reproduction intégrale:

Paris-Ile-de-France est indéniablement une métropole internationale dont les activités sont inscrites dans une chaîne de production mondiale, avec une spécialisation très nette dans le domaine technologique.

C’est pourquoi la région-capitale doit pouvoir soutenir et affirmer sa dynamique de croissance par la constitution de technopoles et/ou pôles d’excellence spécifiques.

De fait, la mise en place de clusters à caractère technologique dans les grandes régions métropolitaines comme l’Ile-de-France permet de répondre à la triple préoccupation d’accroissement de la valeur ajoutée, du rayonnement international du savoir-faire technico-commercial et du développement économique général. Mais qu’en est il plus précisément aujourd’hui dans notre région ? (ndlr: en 2005)
A l’heure ou la région Ile-de-France connaît des difficultés certaines quant au maintien de son savoir-faire dans la plupart des domaines à caractère technico-scientifique (brevets, populations de chercheurs, montants investis par la recherche privée), le développement de grappes technologiques revêt une acuité d’autant plus grande que la mise en place de pôles de compétitivité internationale est maintenant prévue : il s’agit en effet de mieux articuler autour de projets de R&D concrets, conçus et conduits en commun, une masse critique d’entreprises industrielles structurées en réseaux et au sein de filières technologiques clairement identifiées avec des centres de recherche et de formation (centres universitaires, laboratoires de recherche publics et privés).

Le contexte francilien

Avec plus de 10 milliards d’euros de dépenses de R&D privée par an, l’Ile-de-France concentre près de 10 % des ressources européennes dans ce domaine. De même, avec 13 chercheurs et ingénieurs pour 1000 actifs, elle regroupe plus de 40 % des effectifs nationaux du secteur.

Mais ceci est contrebalancé par un vieillissement des équipes et des équipements, dans la région : dans bien des secteurs, un effort important de réorganisation, d’évolution et de concentration de moyens, doit être ainsi effectué, alors que l’on constate un affaiblissement sensible des investissements en matière de R&D, en Ile-de-France comme en France.

Aussi, dans la quasi totalité des domaines technologiques, l’Ile-de-France tend à perdre aujourd’hui des moyens humains, des ressources entrepreneuriales, financières et commerciales.

Positionnement de l’Ile-de-France

Parmi les 24 disciplines scientifiques de base et les 25 groupes techno- industriels majeurs liés qui constituent les piliers du développement économique dans les technologies innovantes, seuls trois domaines sont d’importance en Ile-de-France, non seulement en raison de leur position de leader, mais aussi compte tenu de leur croissance significative constatée par rapport aux autres régions françaises : les secteurs de l’environnement (eau , air, sol, traçabilité, stockage des déchets), le secteur des technologies du BTP (technologies souterraines, gestion de l’air en bâtiments, off-shore grands fonds/techniques grands projets, technologies de reconstruction) et le secteur des biotechnologies industrielles (biopuces, biocapteurs, organes bio-artificiels, criblage haut débit, réactifs divers).

La situation est en revanche moins favorable dans d’autres domaines d’activités pour lesquels les performances régionales s’effritent légèrement en ne parvenant pas à une croissance, même modérée, et parfois décrochent complètement en faveur des régions Rhône-Alpes, Alsace, Midi-Pyrénées, Bretagne et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi qu’au profit d’autres régions européennes (Ecosse, Grand Londres, Grand Berlin).

Aperçu des dynamiques franciliennes

La région Ile-de-France peut être ainsi perçue au travers d’une grille de lecture des principaux champs techno-industriels recensés en France (2002) ; le classement se faisant alors par rang de dynamisme, en termes de publications et de densité scientifique par rapport à la population régionale. Les technologies du vivant (au sens large), les technologies du BTP et les technologies environnementales dans leur ensemble, forment ainsi le groupe le plus dynamique dans la région, car non seulement elles y sont particulièrement présentes, mais encore elles accroissent leurs investissements au plan local. Sur d’autres segments, où l’érosion est constatée, notamment les secteurs de l’aérospatial, de la chimie et la chimie fine, l’activité demeure encore forte, mais sans croissance (en termes d’effectifs et d’entreprises).

Les vraies difficultés portent surtout sur les technologies des télécoms, les technologies des matériaux, les technologies en optique-imagerie et l’informatique, secteurs pour lesquels de multiples facteurs négatifs sont constatés, alors même qu’un savoir-faire important existe dans la région : baisse de l’investissement régional, départ de sites de fabrication, implantation ralentie en faveur de la province, départ des ressources humaines, délocalisation de sections de la fabrication hors de France. Or, ces aspects peuvent être jugés problématiques alors que la région est encore dans le courant d’un processus de consolidation visant à obtenir une masse critique d’entreprises.

Par ailleurs, dans un contexte historique de grande pluridisciplinarité et de multiplication des coûts de base de R&D fondamentale et appliquée, la région ne semble désormais plus pouvoir être présente en termes d’investissements sur la quasi totalité des groupes techno-industriels concernés.

Des clusters ciblés

L’érosion du potentiel de la région encourage aujourd’hui la mise sur pied de véritables stratégies de ” clusters ” visant, pour la période 2005-2015, à réunir une plus grande masse critique d’entreprises et d’investissements autour de deux ou trois thèmes majeurs fondés sur des groupes technico-industriels déjà bien structurés et sur des compétences reconnues, avec d’excellents relais en termes de transfert de technologie.

Par ailleurs, le développement significatif de fondations visant le financement de la recherche en regroupant les industriels et certains moyens de l’aide publique apparaît particulièrement nécessaire, à l’instar de se qui se pratique à l’étranger.

Enfin, les grappes produisant souvent d’autres grappes dans le même secteur ou dans des domaines connexes, il serait essentiel de constituer concomitamment des grappes technologiques, des grappes de conception et enfin des grappes de fabrication et de services.

Parmi les secteurs mentionnés, la région doit pouvoir développer d’importants programmes autour des technologies génériques du vivant (biotechnologies de la santé et biotechnologies de l’environnement), des nanotechnologies, des technologies du BTP (génies civil et urbain) liées aux transports (modernisation des outils, gestion des systèmes complexes, sécurité) et de l’ingénierie industrielle sur des niches spécifiques, notamment en optique et imagerie.

Cela est également vrai dans le domaine des services à valeur ajoutée comme dans le domaine des essais cliniques ou du nucléaire civil. L’ingénierie financière doit également être renforcée, ce qui passe par un effort dans l’investissement en matière de capital-risque. En définitive, l’examen du potentiel actuel de la région laisse entendre la nécessité d’orienter l’investissement régional sous toutes ses formes (infrastructures, ressources humaines, immobilier d’entreprises dédié, capital-risque), autour de trois clusters à caractère macro-sectoriels fédérant, d’une part, les domaines les plus actifs qui sont en tête à l’échelle nationale et au plan européen et, d’autre part, les autres domaines déjà très présents mais dans la croissance s’estompe au profit d’autres espaces.

Un cluster axé sur la mobilité des biens et des personnes : systèmes de transport de technologies avancées, larges espaces dédiés aux systèmes télécoms, gestion complexe de l’espace urbain, rassemblant les compétences du BTP, du génie civil et des télécoms. Ce cluster doit fédérer l’ensemble des ressources franciliennes, avec une forte présence constatée dans les Hauts de Seine et à Paris, mais surtout autour des centres de recherche présents à Marne-la-Vallée.

Un cluster santé-biotech-aliment, non seulement axé sur la conception-fabrication de produits mais aussi sur les services (essais cliniques, supports commerciaux) dans les domaines de l’oncologie, l’infectiologie mais également les biomatériaux médicaux, du matériel médical (outils de diagnostics) et de la sécurité alimentaire (risque biologique et chimique, traçabilité). Ce cluster devrait également développer le secteur des services avancés en matière de télémédecine, de télésoins et de services spécifiques aux populations dans lesquels il existe un gisement important d’emploi. Ce cluster doit fédérer essentiellement les ressources de Paris (essais cliniques, inféctiologie, biomatériaux) et de la couronne sud de l’Ile-de-France: Val de Marne (cancérologie, essais cliniques, nouveaux services et produits en gérontologie, télémédecine, télésoins, nouveaux outils de diagnostics), l’Essonne (recherche fondamentale et appliquée, optique-optronique, téléformation médicale), et les Hauts de Seine (biomédical, essais cliniques, télémédecine).

Un cluster lié à la sécurité des biens, des personnes et des systèmes d’information (sécurité dans les transports, dans la distribution alimentaire, la télésurveillance, les systèmes complexes de sécurité publique et privée en temps réel. Ce cluster étant fortement lié aux deux premiers, doit fédérer d’abord le Val de Marne, l’Essonne, Paris et le Val d’Oise.

Une nécessaire stratégie de long terme

La recherche en économie industrielle contemporaine indique que le développement régional est complexe, compte tenu du grand nombre d’acteurs : la mise en place de clusters suppose des efforts soutenus et concentrés pendant une longue période. Aussi, il est désormais démontré que créer une grappe à partir de rien est très difficile -voire impossible- tandis qu’en activer une en misant sur ses atouts est plus efficace.

C’est dans ce contexte que la région Ile-de-France doit se donner un cadre de réflexion et d’action pour l’horizon 2005-2015 : il s’agit de développer prioritairement une masse critique d’entreprises et de compétences autour de clusters technologiques fédératifs visant à renforcer sa visibilité en Europe et dans le reste du monde.

Fabrice Rigaux

Source : CROCIS, Enjeux Ile de France n°73, janvier 2005

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Japon et Coree: une opportunité pour les pôles de compétitivité français?

Le mardi 19 juin 2007, Ubifrance organise un séminaire “A la conquête du nouveau Japon et de la Corée dynamique” sur les opportunités d’affaires au Japon et en Corée, pour les entreprises françaises. Il y sera également question des partenariats entre clusters japonais et coréens et les pôles de compétitivité français.

1
Pour connaitre le programme et s’inscrire au séminaire, cliquez ici.

Qu’est-ce qu’un pôle de compétitivité ?

Qu’est-ce qu’un pôle de compétitivité? La DATAR, organisme qui est chargé de la labellisation “pôle de compétitivité” des candidats potentiels, et rebaptisé pour l’occasion, Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité du territoire (DIACT), en propose une définition:
” Un pôle de compétitivité est le rapprochement, sur un territoire donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets innovants. Disposant de la masse critique nécessaire pour atteindre une visibilité internationale, chaque pôle est fondé sur une stratégie partagée de développement permettant la création de richesses nouvelles à forte valeur ajoutée autour de projets communs de recherche et de développement.”

Une autre définition en anglais, qui rejoint la précédente est celle du site universitaire de Michael E. Porter, professeur de l’université Harvard, à l’origine du concept de pôle de compétitivité (competitive clusters en anglais) qu’il développa en 1990 :
” Clusters are geographic concentrations of interconnected companies, specialized suppliers, service providers, and associated institutions in a particular field that are present in a nation or region. Clusters arise because they increase the productivity with which companies can compete. The development and upgrading of clusters is an important agenda for governments, companies, and other institutions. Cluster development initiatives are an important new direction in economic policy, building on earlier efforts in macroeconomic stabilization, privatization, market opening, and reducing the costs of doing business.”
Il est important de souligner que Michael Porter s’est inspiré de la théorie des avantages comparatifs, développée par l’économiste classique David Ricardo, et selon laquelle chaque pays, qui s’ouvre au commerce mondial, gagne à se spécialiser dans la production où il possède un avantage relatif, c’est-à-dire où les coûts de production sont les moins élévés.
1
A retenir: le rapprochement des acteurs industriels, scientifiques et universitaires dans un même territoire, sur le modèle des clusters, constitue en soi une source d’innovation – la proximité géographique stimulant la circulation de l’information et des compétences et facilitant la naissance de projets innovants -; une source d’attractivité (plus de visibilité internationale); et est un frein aux délocalisations – la compétitivité des entreprises allant de pair avec leur ancrage territorial.
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Pourquoi ce blog? Pourquoi ce thème?

Le blog est créé, animé et géré dans le cadre d’un stage effectué à la , plus précisément au cabinet de Mme Auffray, adjointe au Maire de Paris, chargée des Nouvelles Technologies et de la Recherche.
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Pourquoi faire un blog sur les pôles de compétitivité? La question est légitime tant le sujet semble, bien que très porteur, méconnu du grand public. Les médias, que ce soient la presse écrite, les journaux télévisés ou même la blogosphère, n’en parlent que très peu, hormis quelques journaux spécialisés économie, business, comme, pour ne pas les citer, la Tribune ou Les Echos.
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Pourtant, le lancement des pôles de compétitivité en France (traité en détails dans les prochains posts) s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle politique industrielle menée par la France, s’appuyant sur le constat d’une nécessaire mise en valeur des compétences du pays en matières de R&D et d’innovation. Source principale d’innovation (90 % des dépenses de R&D) et de compétitivité (80 % des exportations), l’industrie est en effet un véritable moteur de croissance pour l’économie française.
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En outre, dans le contexte d’une économie mondiale, toujours plus concurrentielle, il est vital pour les puissances économiques mondiales – principalement occidentales (G8) mais aussi des pays émergents comme la Chine, le Brésil et l’Inde – d’assurer leur compétitivité économique dans le monde, et ce face aux défis posés par l’avènement au niveau mondial d’une économie de la connaissance, dans laquelle l’innovation, la recherche sont les vecteurs principaux de la croissance économique et de la compétitivité.
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En oeuvrant au renforcememt de la capacité d’innovation du pays, la politique des pôles de compétitivité menée depuis 2004 en France, agit de facto en ce sens.
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Le blog sera avant tout centré sur les pôles de compétitivité français – mettant l’accent sur ceux spécialisés dans les biotechnologies, les nanotechnologies (ma préférence pour ces secteurs orientant ce choix) – , sans pour autant exclure des apartés comparatifs avec ce qui se passe à l’étranger, notamment au Japon et aux Etats-Unis (politique des clusters).